Madeleine

« Hey Jude, don’t make it bad, take a sad song, and make it better. » Je dois avoir trois ou quatre ans, mon frère joue les Beatles au piano.

« C’était un cordonnier, sans rien d’particulier, dans un village dont le nom m’a échappé. » Goldman rythme les moments passés avec ma sœur, qui me couvre de cet amour aigre-doux si spécial. J’ai cinq ans.

La sonate à Kreutzer de Beethoven me renvoie immanquablement à mes nausées enfantines dans la voiture de mon père. « Papaaa, j’ai envie d’vomir… » Je ne supportais pas le skaï.

« Karma Police, arrest this man, he talks in maths. » Echange scolaire à l’étranger, premières bêtises, premières histoires de cœur.

« Come as you are, as you were, as I want you to be. » Kurt chante sur ces années sombres, je découvre l’envers du monde des bisounours. Ma meilleure amie suit un chemin chaotique, je suis à deux doigts de sombrer avec elle.

« Empty spaces, what are we living for, abandoned places, I guess we know the score. » Je dois prendre mon bus pour le collège, je suis en retard, et j’entends pour la première fois « The show must go on ». Je suis stupéfaite, je reste les bras ballants devant mon poste de radio, je finis par louper mon bus.

« Bob Morane contre tout chacal, l’aventurier contre tout guerrier. » J’ai beau détester Indochine, cette chanson est emblématique des boums au lycée.

Et ainsi de suite… je pourrais poursuivre à l’infini. Parler de « Relax, take it easy » la veille de l’internat, de « j’aurais aimé être une mouche, une mouche manouche » pour mon adorable ancienne coloc et amie qui me manque, d »Un virage à droite, un peu sec, qui te plaque à moi » pour mon amoureux.

Je m’aperçois que chaque moment de ma vie, chaque personne fréquentée m’évoque une musique. Et si par hasard j’entends cette musique, je suis immédiatement transportée à ce moment précis, avec cette personne, même si je ne l’ai pas vue depuis des années, même si parfois je sais que je ne la reverrai pas.

Je ne sais pas si c’est pour tout le monde la même chose, mais il me semble que le cours de ma vie se décline en une succession de musiques toutes différentes. Chacun d’entre nous a peut-être sa propre suite musicale, unique et personnelle, sa « carte d’identité musicale » en quelque sorte.

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3 Commentaires

  1. Ah si complètement ! Mes années ado c’est Indochine (entre autre), mes années d’étude Muse (entre autre). La rencontre avec mon petit homme c’est moby (et uniquement), Etc…En ce moment c’est la cinquième symphonie de mozart en ré mineur (nan j’déconne). Sinon “j’aurai aimé être une mouche, une mouche manouche” : MAGNIFIQUE !
    C’est souvent assez cruelle, déstabilisant, tu vas tomber sur une chanson et d’un coup ça fait remonter à la surface un tas d’émotions, les bonnes comme les moins bonnes. C’est comme les vieilles photos que tu regardes parfois. Nostalgie quand tu nous tient…

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  2. C’est incroyable j’ai réfléchi à ça exactement aujourd’hui, en me disant qu’il y avait des chansons, dès que je les entends, je suis renvoyé dans un lieu une époque… Je m’étais même dis que quand je parlerais de ces périodes sur le blog il faudrait que je mette la musique qui va avec.. 🙂

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  3. « These are my heart songs
    They never feel wrong
    And when I wake
    For goodness’ sake
    These are the songs I keep singing »
    Weezer

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